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Je m’appelle Joshua. J’aime passer le temps qu’il me reste avant d’uriner sous moi à écrire de petites fioritures psycho masturbatoires à l’humour résistible. Tant que je serais sans emploi, je prouverai mon existence en épandant une houle de haine putride. En attendant, détendez vous – si vous exhalez une légère odeur troublante, c’est que vous vous êtes trop détendus – et appréciez, si vous le pouvez, ou haïssez, si vous le voulez. Joshua. Votre ami.

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Impies Effigies : Yoann Sover, l'art du doublage.

Yoann Sover

« A votre place, je me taierais ! »

Quelqu’un qui aimerait avoir quelque chose à dire

Suite à une plainte furibonde de l’une de mes lectrices, qui s’offusquait de ma haine opiniâtre et agressive envers des personnes que je ne connais même pas, je vais prouver aux yeux et à la barbe du monde que je suis capable d’exprimer des portées pleines de joie parfaitement orchestrée.

article_tokio5.jpgJ’avoue. Je me sens étrange. Fébrile et débauché, je suis sur le point de rédiger ma première « lettre de groupie ». Enfin, en quelque sorte. Oui parce que, avouons-le, la groupie, au sens commun, a des intentions sournoises, que je n’ai pas la force d’avoir. Elle, elle ne reconnaît la personne convoitée que pour sa beauté plastique, ou bien, pour le profit qu’elle peut en tirer. Non je ne veux rien retirer de ce qui va suivre. Alors, je commencerai par mettre au clair toutes mes intentions.

Je n’écris pas cette missive avec des intentions troubles. Je n’ai pas envie de me retrouver à échanger d’ardentes caresses prohibées sous l’œil de l’astre aux lueurs diaphanes, dont les reflets dans la quiétude des eaux aux profondeurs turquoises qui étreindraient notre barque, feraient miroiter à l’intérieur mes pupilles, suintant d’érotisme feutré, l’expression la plus pure de l’amour le plus innocent que, même les auteurs de chez Harlequin, n’oseraient pas écrire. Non. Jamais. L’amour j’ai arrêté. Ca me donne des nausées. C’est d’ailleurs pour la même raison que j’ai arrêté la bovinée qui se dilate la rate.

De plus, écrire une lettre d’admiration à caractère sexuel, plus ou moins avoué, plus ou moins caché – tout dépend de la sensibilité littéraire de l’auteur, et rarement une fillette en fleur ne peut avoisiner le style de Céline, le maître étalon – je trouve ça très limité d’un point de vue communication. Et je vois assez mal ce que le destinataire pourrait en tirer. Et puis même si je n’ai que 23 révolutions, je suis trop vieux pour écrire un texte mielleux, dont la profondeur du verbe est à la mesure de la couverture d’un Houellebecq. D’autant qu’il n’y a pas mille et une manière d’exprimer ce genre de niaiseries. Bon… Imaginons le tableau. Je suis Laeticia, 14 ans, folle d’ « admiration » :

* Salut ! Je voulais juste écrire pour dire que tu es vachement trop beau, et que en plus tu joues tro bien. Nan c’est trop vrai en plus. Je trouve ta voix elle est trop chouette. Zac Efron ! Ah ! Il est tro boooooooooooooooo.

courge10.jpgJe sais déjà plus quoi écrire. Pardon pour les « o » mais ma touche s’était coincée. Je pourrais continuer en racontant des anecdotes trépidantes sur ma misérable vie de collégienne boutonneuse, en état de dépression affective. Mais le fait est que j’ai eu des parents formidables, et que j’ai eu l’intelligence de les écouter. Je ne raconterai donc pas ma vie à un inconnu, car, eh oui, nous ne nous connaissons pas, donc on voit mal ce que ca peut bien foutre au monde de savoir que j’ai mangé une courge à midi (En plus ce n’est pas vrai, les courges j’aime pas ça). Sinon pour en revenir à la lettre de collégienne et à son contenu, avant d’être grossièrement interrompu par moi-même ; en dépit du bien que ça peut faire à l’égo, on a vite fait le tour, enfin je pense – oui, j’en ai encore la faiblesse de réfléchir.

fond-ecran-femme-sexy.jpgEt puis si, en tant que groupie, j’avais la moindre chance de parvenir à mes fins sournoises, je devrais être proportionnée, lochée et fionnée correctement (voir Figure X). Et soyons sincères, je ne fais pas partie des élites sexopathes de cette société, qui cultivent leurs corps en soulevant des masses en haut, en bas, en haut, en bas, en haut, en bas, en haut, en bas et se crament la tronche pour avoir l’air de revenir d’une île à l’exotisme rare, et chopper un cancer de la peau à 30 ans, pour rabattre un maximum d’égocentriques, qui dans des soucis d’équilibre, sont obligés de faire le vide dans leur cerveau pour pouvoir marcher droit. Non. Je préfère encore arrêter le sexe, si c’est pour coucher avec des personnes qui pensent que la mayonnaise est extraite d’une fleur – ça malheureusement, c’est vrai… Le sexe j’ai arrêté. Ca me fatigue. Autant aller aux putes quand j’ai un coup de blues. Après tout, on paye tous pour le sexe. Et comme disait Woody Allen, « Le sexe apaise les tensions, l’amour les créer ». Donc, je suis un homme ruiné mais comblé, alors que si j’avais une moitié, je serai toujours ruiné, mais encore moins comblé.

Donc sexuellement, je suis inoffensif. Sentimentalement aussi. Comme quoi. On pourrait s’attendre à des choses intéressantes. Ca sera au moins différent, si non intéressant. Car je n’ai pas l’outrecuidance ravageuse de croire que je suis capable de divertir les gens grâce aux étendues démesurée de mes envolées lyrico rocambolesque, qui sont d’ailleurs à la portée de n’importe quel esthète qui n’a pas roupillé au fond de la classe pendant les cours de français, et ce, malgré que la chargée de ces dits cours était une gourdasse sexagénaire hypotrophiée de l’ouverture d’esprit glandulaire, dont la beauté ne ferait même pas retrouver sa candeur à queutard octogénaire sous viagra qui ne s’est pas fait réchauffé la tentacule depuis 30 ans, et qui prenait pour menace toute explication différente de la sienne (je parle bien de ce professeur, pas de la tentacule), manquant de justesse de faire redoubler sa seconde à un jeune homme dont l’esprit était infiniment trop curieux pour l’éducation nationale, et qui a tendance à écrire des phrases tellement longues, qu’il en oublie leurs commencement, et que donc du coups, il doit en relire le début pour être en mesure de la terminer proprement, pas comme un scénario de film de Judith Goderèche, qui a avant tout pu progresser dans le monde du cinéma en apposant ses paires de lèvres sur les bonnes verges du cinéma français, et non pas par un quelconque talent d’interprétation, laquelle a pourtant eu l’opportunité de réaliser, et même de chanter, alors qu’à même le sol, des comédiens, des réalisateurs, dotés de véritable talents s’entretuent pour faire la promotion de papier toilette, et ce malgré qu’elle aie commencé comme mannequin, ce qui semble anecdotique, mais qui révèle toutes les portes que la concupiscence exacerbée peuvent ouvrir : un mannequin a réalisé son premier film.

Claude LelouchAutrement, je ne suis pas non plus un réalisateur de courts-métrages merdiques (transition toute trouvée, merci Judith). Je ne crie pas au talent et je ne fais jamais mine de tomber en extase devant des prestations psalmodiques de grands branleurs (ou grognasses) pour apporter un maximum de publicité à mon film à tendance franco-psychomasturbatoires, dont nous seuls, Français, avons le secret (je le précise, même si on peut croire à un pléonasme). Je n’ai pas de film en préparation, donc pas besoin d’acteur. Et puis, si c’était le cas, je serais alors pris en flagrant délit d’ « utilisation d’amis », ce qui, me semble-t-il, se trouverait être un réflecteur de mon inhumanité, si effectivement, j’avais la bassesse de considérer mes amis comme des leviers sociaux.

Or, je me targue d’avoir une certaine propreté d’esprit, et je renâcle quelque peu à me travestir, juste pour arriver à mes fins. Donc, je n’ai absolument rien à voir avec le monde galvaudé du cinéma. Encore que, en y réfléchissant, j’ai bien un ami réalisateur amateur. Mais mon vœu n’est pas de saboter la carrière d’une personne pour qui ne n’ai que de la bienveillance. Donc je ne pourrais que déconseiller vivement de jouer dans ses films. Vraiment. Theodore V.D.R. = DANGER. (A noter dans un coin, on ne sait jamais. Il est mauvais, il pourrait bien percer), toujours refuser un scénario de Theodore V.D.R. A la limite le transmettre à des amis qu’on n’aime pas vraiment et dont on souhaite secrètement les voir échouer. Là je dis, pourquoi pas.

Donc voila, pas de cul, pas de pub. Je pourrais toujours vouloir du pognon. Je pense que si c’était le cas, j’aurais choisi une autre cible. J’aurais plutôt été escort boy de grandes richesses sur le déclin. Ce qui me semble bien plus rentable. C’est déjà suffisamment dégradant de baisser son froc, pour ne pas avoir a le faire beaucoup de fois, donc autant augmenter le rendement, et attribuer une valeur de quelques millions à mon amour propre.

Ne reste donc que moi, sauf erreur de ma part. Moi et mon admiration. L’admiration viscérale. La vraie. La dure et palpable exaltation de mon vigoureux tympan ! Tout ce qui fait vibrer mon oreille me plait. Je voue un rapport très charnel à l’oreille. Et je préfèrerais perdre la vue que de ne plus jamais entendre. Tout art impliquant le sens de l’ouïe réveille mon entrain, de 17h30. Le fait est que malheureusement, je regarde infiniment peu le cinéma français. Ce qui ne m’a pas permis d’observer énormément vos prouesses, cher Monsieur S.

En revanche, vu que je suis atteint d’un syndrome psycho-rétrograde, m’obligeant à aimer les dessins animés, ce qui, m’a fait l’immense honneur de vous voir honorer mon écran. Je regardais je ne sais quel programme qui diffusait des séries « pour jeunes » le matin. Et entre deux séries animées, dont le nom m’échappe aujourd’hui, il y avait cette série avec en vedette Pricillia (je crois). Donc vu que j’avais la flemme de changer de chaîne, eh bien, je regardais, tout en rigoulant allégrement de la profondeur scénaristique, de la qualité des chansons proposées, tant au niveau composition, arrangement, ingénierie, textes, et voix, ce qui agaçait profondément ma génitrice, puisqu’occasionnellement, quand le verbe était trop fort, ou le refrain trop accrocheur, il m’arrivait d’expulser accidentellement les corn flakes hors de mon antre buccale en pouffant de rire, ce qui l’obligeait à nettoyer derrière.

rhum_jm_agricole_b.jpgAutrement dit, je n’attendais pas grand-chose de cette petite farce télévisuelle. Et brusquement, mon visage se figea dans un rictus de perplexité. « Ai-je accidentellement changé de chaîne ? » me disais-je quand je vis soudain apparaître à l’écran un comédien dont la crédibilité d’interprétation supplantait tout ce conglomérat hormonogène d’adolescent tout en muscles, ou tout en proportions, suivant le sexe, et semblait redonner vie à cette série pour la moins douteuse. « Ai-je trop bu ? Combien de temps les effets de la drogue persistent ils à l’intérieur de mon organisme ?? SUIS-JE MALADE ? » pensais-je, non sans un vent de panique, quand je compris que ce n’était pas une illusion liée à une ingestion massive de rhum blanc la veille et que j’entendis alors la voix, et pas seulement une voix. La voix. Celle de ceux qu’on ne s’attend jamais entendre. La voix. Celle dont on pense que seuls les anglophones en possèdent les secrets de fabrication. La voix, oui. Celle qui me fit flageoler.

Le temps de reprendre mes esprits, car et d’une j’avais les phares qui se croisaient suite à l’ingestion des substances susnommées, et que deux, on ne s’attend pas à se faire remuer les tripes pendant le petit déjeuner, si je peux me permettre l’expression. Donc deux claques plus tard, et une aspirine plus loin (attention à la marche), me voilà l’esprit clair. Je toise mon écran de télé. Ce comédien étrange est toujours là. De le voir se mouvoir, et tournoyer avec enchantements électrise littéralement ma zone du plaisir. Je ne parle pas de ces plaisirs veules qui se déclenchent à la contemplation d’un corps dénudé, afféré à de bas jeux de caresses démoniaques. Je parle de la forme ultime de plaisir. Le plaisir désintéressé.

Oui je vous l’avoue, sa voix me fait frémir. Je n’en peux plus. Je consulte le programme télé. Boum, boum. Chante ! Oui c’est bien ça. Bon, on passe à la scène suivante, tout rentre dans l’ordre. Plus de bon comédien. Je prends soin de noter dans un coin de mon esprit, alors chamboulé, le nom du personnage, pour découvrir Le nom qui va avec La voix. Boum, boum. Générique mis en musique… Ultime épreuve avant de… OUI ! Yoann Sover. Ca y est ! C’est gagné !

yoannsover.jpg

Alors ensuite, ni une ni deux. Intrenet, tralala. Guilleret au possible, et me disant « Oh la la ! Si je veux sa filmographie, je vais dépenser de l’argent massivement, vu cet immense talent » non sans une certaine hypocrisie de ma part, puisque dépenser pour de la qualité ne m’a jamais dérangé outre mesure. Et là : Horreur. Le destin me joue un de ses mauvais tours. Et je vis se répéter le terrible esclandre qui m’a été infligé alors que je tombais en admiration devant le talent, qui pour moi ne faisait aucun doute, de Nicolas Giraudi. Pourquoi ? POURQUOI ?? Comment ? Je ne sais toujours pas aujourd’hui. Pourquoi ne voit-on jamais à l’écran des personnes douées ? C’est dans ces cas là que j’ai effectivement envie de devenir réalisateur. Enfin non. Quand même pas. J’exagère. Mais bon. Faudrait quand même pas nous prendre pour des gardons ! Je veux bien qu’il existe des acteurs « moyens » mais enfin bon, quand on me déclare sur un ton solennel à briser un noisetier : « Laurent Ournac est quand même un peu le renouveau » j’ai du mal à faire caca normalement.

Ah mon pauvre Monsieur S. J’ai mal au cinéma. J’aimerais tant vous voir quotidiennement étaler vos débordements artistiques, dont je ne cesse de me languir. Un comédien à la justesse transpirante, ne gutturant pas ad nauseam des répliques aussi douces que des polygones rectangle. Suis-je à ce point anormal ? D’où viens-je ? Je ne suis pas niais, je connais l’art mercatique. Mais j’ai simplement l’espoir fluet de voir un jour des réalisateurs avec des yeux lavés de toute lubricité, permettant enfin aux vrais acteurs de s’épanouir.

gad_elmaleh1.jpgMonsieur S. Ce jour là. J’espère vous y trouver. Brandissant l’étendard du triomphe de l’art devant les protubérances issues d’études de marché poisseuses. Mais j’ai peur. Quand je vois qu’on ose confier un doublage hardi à Gad Elmaleh, ou un autre à Lorie, pour facilités promotionnelles, et augmentation de recettes. De moins en moins de doubleurs, notamment pour les films d’animation, et de plus en plus d’acteurs vilipendant l’art du doublage, pour simple profit bancaire. Acteurs, je vous hais. Votre protubérance d’égo, nécrosée par vos rêves d’hégémonie, me dégoute. Mais rassurez vous, l’art trouve toujours un chemin. Vous ne serez pas adulés, et vous serez occultés par le vrai talent. Je l’ai vu. Et un jour, vous aussi.

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R
<br /> Respect. Encore la prose florissante et le verbe juste. Ici encore, la vérité prend une toute autre saveur! Continue comme ça!<br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br /> Merci mon cher Zizi... Je sais, ce surnom craint, cependant, en dépit de sa connotation sexuelle non négligeable, je le préfère à « Rara »… Ou « El67el67 »… J’ose à peine<br /> évoquer le répugnant « Razi ». Je veux simplement te remercier publiquement de ce soutien suprême et inconditionnel, et de ce don de temps que tu consacres à la lecture de ces choses,<br /> pour lequel je n’ai offert ni mon corps, ni argent !<br /> <br /> <br /> <br />
T
<br /> C'est magnifique Joshua, je te reconnais bien là. Je suis content de voir que tu as su poursuivre tes articles d'une manière aussi florissante, j'en ai mal aux zygomatiques. Et merci pour le petit<br /> paragraphe qui m'étais dédié, même si, je pensais te l'avoir dit, c'est Theodore F. et non pas V.D.R., je m'a trompé !<br /> <br /> <br />
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J
<br /> <br /> Pardon d’avoir écorché ton nom, mon pauvre Théodore.<br /> <br /> <br /> Mais moi j’attends toujours toutes ces vidéos que tu m’as promises ! Les préceptes de dépravation convenue en vidéo, le monde entier attend ça ! Enfin, moi, surtout :p<br /> <br /> <br /> <br />