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Je m’appelle Joshua. J’aime passer le temps qu’il me reste avant d’uriner sous moi à écrire de petites fioritures psycho masturbatoires à l’humour résistible. Tant que je serais sans emploi, je prouverai mon existence en épandant une houle de haine putride. En attendant, détendez vous – si vous exhalez une légère odeur troublante, c’est que vous vous êtes trop détendus – et appréciez, si vous le pouvez, ou haïssez, si vous le voulez. Joshua. Votre ami.

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Préceptes de dépravation convenue : M. Dupont

M. Dupont - 


Il n’y aura pas de veules distorsions factuelles, ou de lourdes résonnances démagogiques. Je ne m’attends donc pas à ce que beaucoup, ici, s’intéressent au subtil et exact art du brassage de vent. Il n’y aura que la vérité.

Nous nous intéresserons ici au concept de l’homme moyen, que j’ai arbitrairement appelé « M. Dupont », et surtout pas à cet approximatif bravache de trottoir qui officie en tant que chroniqueur sur une grande radio. Cependant, par un hasard des plus étincelants, ce qui suit peut aussi s’appliquer à ce reliquat biochimique radiodiffusé, issu du rejet gangréné d’une tumeur cérébrale avancée, qui chaque jour s’exhibe dans de poisseuses frasques mongoloïdes, au cours desquelles il déploie l’immense envergure de ses 3 mots pour (essayer de) nous convaincre de sa magnificence intellectuelle – j’ai hésité à employer le mot – qu’il aime se renvoyer allègrement, avec une vigueur d’adolescent des plus éclatante, à l’intérieur de lui-même, et à postériori s’auto satisfaire de l’épandage sa toute puissance verbale. Mais, Moi nous regarde, ce n’est pas notre problème. Ne tergiversons pas d’avantage. N’attendons pas plus. Parlons de M. Dupont.

Ce qu’on remarque le plus chez M. Dupont, c’est à quel point il est attaché à ce qu’il pense. Dans une bouffée de narcissisme aigu, mais pas si étonnante, il a une légère tendance à penser que ce qu’il pense est plus intéressant. Cela relève plus de l’intime conviction que du raisonnement appuyé. Par exemple, un jour au bureau, M. Dupont pourrait très bien se lancer dans un fortuit entretien, au cours duquel il dialoguera avec lui-même, et nous expliquera comment il est arrivé à la conclusion qu’il vaut mieux effectuer son injection létale dans le bras droit, plutôt que dans le bras gauche, si jamais vous êtes condamné à mort. Mais, ça pourrait être pire, ce M. Dupont pourrait avoir un micro devant la bouche !

M. Dupont aime s’indigner. Par tout, et surtout n’importe quoi. Tant que ça peut lui permettre de faire son intéressant. Par exemple, un jour, il pourra dire : « Je suis contre le mariage gay ! » Inopinément… Comme ça… Imaginez. Vous marchez tranquillement dans un couloir, un gobelet de café à la pince, et le stress à l’esprit, pour rejoindre votre bureau où vous effectuez à longueur de journée la funeste tâche, qui insuffle en vous des relents de désespoir si infects qu’ils vous font croire que Vincent Delerm sait chanter. Alors que vous approchez de l’embranchement de couloirs qui vous permettrait de rejoindre votre lieu de racornissement spirituel, et sans même remarquer la porte du bureau de votre collègue Dupont sur votre gauche, ou plutôt votre droite, le meuglement gras et emporté de votre associé vous transperce alors comme un tisonnier chauffé à blanc, et vous arrache, sans aucune vergogne, à votre léthargie cognitive : « Moi, je les supporte pas ces pédés qui veulent se marier ». M. Dupont a souvent une voix vile, gluante, abominable et suffisante. Il ressent souvent un besoin impénétrable de crier. Sans doute, croit-il, que cela donne plus de poids à ses grêles arguments. Mais, ça pourrait être pire, ce M. Dupont pourrait avoir un micro devant la bouche !

Dans une courtoisie de bureau, nécessaire pour vivre une vie de travail avec la juste dose de mort, vous vous sentez obligé d’intervenir. Surtout, ne jamais bouleverser l’ordre moral de M. Dupont. La plupart du temps, contentez-vous d’un simple mais touchant « Ouais… », qui aura excité votre collègue, lequel pensera que vous aimez l’écouter parler, et ce, même si vous êtes un militant Act-up, ou simplement un homme ouvert d’esprit, qui n’a toujours pas compris ce qui fait tant frémir le monde à l’idée que le lien qui unit deux hommes ou deux femmes puisse être mis au même rang que le lien qui unit un homme et une femme. « Et en plus, ils veulent adopter… Non mais de quel droit ! ». En dépit du cinglant « Ferme ta gueule, sous extrait de rognon de porc dégarni » qui traverse alors votre esprit, amusez vous plutôt à réutiliser les mots qu’il a employé, afin de le conforter dans l’idée qu’il est un leader d’opinion : « De quel droit… Ouais… ». M. Dupont vous sourit, vous pouvez donc vous en aller siroter votre café, avant de retomber dans la décadence de la tâche moribonde rémunérée. Mais, ça pourrait être pire, ce M. Dupont pourrait avoir un micro devant la bouche !

Nombre d’aspects sont passés sous silence, mais je ne veux pas vous gaver comme des volatiles. Pour conclure, je me contenterai de citer une personne bien plus intelligente que moi, et Moi sait combien il peut y en avoir. Une phrase qui donnera à réfléchir à M. Dupont et M. Dupont, si je puis me permettre une devinette. Cette citation de Søren Kierkegaard, un philosophe danois – je veux dire, un vrai philosophe, pas un homme de réseau et de moyens, dont les parents ont fait fortune dans le commerce de bois en Afrique – qui déclarait avec une magnanimité déconcertante :

« Les gens exigent la liberté d'expression pour compenser la liberté de pensée qu'ils préfèrent éviter. »

Faut-il en conclure qu’avant de vociférer ad nauseam, il vaut mieux légèrement augmenter le temps qu’on passe à cogiter avant d’ouvrir l’antre buccale ? A fortiori, si on a un micro devant la bouche ? Au risque de me faire conspuer, je dirai : Réfléchissez !

On va s’arrêter là puisqu’il est grillheure, et même si les toves ne gyrent plus, ou vriblent avec un air slictueux, ce sont les verchons qui bourniflent, et ça, je ne le supporte plus !

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