Je m’appelle Joshua. J’aime passer le temps qu’il me reste avant d’uriner sous moi à écrire de petites fioritures psycho masturbatoires à l’humour résistible. Tant que je serais sans emploi, je prouverai mon existence en épandant une houle de haine putride. En attendant, détendez vous – si vous exhalez une légère odeur troublante, c’est que vous vous êtes trop détendus – et appréciez, si vous le pouvez, ou haïssez, si vous le voulez. Joshua. Votre ami.
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Dracula. |
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« Dracula : Ah! Bonjour M. Harker ! Comment allez-vous ce matin ? On va faire des abdos ? Jonathan Harker : Ah non ! Je ne peux pas ! J’ai rendez-vous chez l’esthéticienne ! » Dracula, 2010, Ouali Kamel |
Il n’y aura pas de veules distorsions factuelles, ou de lourdes résonnances démagogiques. Je ne m’attends donc pas à ce que beaucoup, ici, s’intéressent au subtil et exact art du brassage de vent. Il n’y aura que la vérité.
Je vous reviens. Galvanisé. Après l’échange de mièvreries stériles inhérentes au passage d’une année à l’autre, ma haine bouillonne plus que jamais. Le plus dur fut de choisir un support qui serait en mesure de ne pas se briser sous le poids et la force (je m’excuse auprès des physiciens pour cette redondance) colossale de ce flot d’aigreur coercitive martelant de son poing lassé le rythme infâme de mon intrinsèque stupéfaction devant ces masses d’abrutis, pour qui, la réussite sociale se quantifie en nombre de SMS reçus au soir du nouvel an. Quel homme, quel ensemble, en serait capabl e ? Je devais m’attaquer à un créateur. Ou mieux, un réinterprétateur. Pas super français, mais super clair en contre partie. Celui qui, en l’honneur de la dorure de ses glandes reproductrices, se fait un plaisir de démolir tout ce qu’il peut y avoir de noble et de solennel dans une œuvre, et la transposer, en la lacérant, la violant, l’émasculant, et lui faisant popo dessus en prime, dans un produit de consommation de masse dégoulinant d’infectes sentiments gastricorétencifs.
Je ne trouvais pas. Je sortais péniblement de ma léthargie, liée à la faiblesse de mon âme et de mon estomac qui s’est laissé sustenter par les courbes langoureuses d’un rhum blanc agricole d’une classe qui ferait envie à n’importe quelle dinde de réveillon, je rédigeais mon dernier mail incendiaire à l’intention de l’une de ces fanatiques hystériques du nouvel an. J’étais au bord de la dépression nerveuse. Je n’avais toujours pas de cible. Dans une convulsion d’une mollesse qui moi-même m’étonne encore, je pressais le bouton qui me délivrerait de ma messagerie électronique. Alors que mon postérieur, d’une rare douceur, et dont le chatoiement permettrait à beaucoup de s’y épanouir, se décollait de la chaise qui l’embrassait tendrement jusque là, il s’affiche alors sur mon écran les dernières nouvelles, ou les « news » comme diraient les cons. « Qu’est ce que c’est que c’est conneries… » Pensais-je alors, aspiré par l’effluve glacé d’un désespoir dépressif. Je dirigeais le pointeur de ma souris pour couper court à ces singeries, quand soudain, je naquis à nouveau. Sans le vouloir, j’avais trouvé ce dont mon cœur noir de haine se languissait tant quand je lus : « Dracula, la comédie musicale ».
Alors, oui, je sais ce que vous pensez : « Ce type est obsédé ! Déjà qu’il nous parle de Twilight ! Il faut en plus qu’il parle de Dracula ! Bonjour l’inspiration ! Quelle couille molle ! Même moi je ferais mieux ! ». C’à quoi je réponds : Faites ! Le monde grouille suffisamment d’esprits en perdition pour que je ne souffre pas à titre personnel de l’impétuosité de Frédégonde revanchardes qui souhaitent me prouver qu’elles savent mieux faire les choses que moi. A titre personnel, et tout à fait officieusement, c’est mon vœu le plus cher. Ainsi, je n’aurai pas à sacrifier mon précieux temps de recherche d’emploi, et d’entretiens, au cours desquels, il me plait à être chafouinement humilié, et ne plus me soucier de la vaine lutte contre les outrageuses et luxueuses tentatives de dévastation cérébrale par le biais d’armes de distraction massives.
J’utilise ce jeu de mot plutôt fin, pour vous introduire Kamel Ouali. Il se prénomme ainsi grâce à son
père, et parce qu’il a de belles dents – Ouah ! Li belles dents ! – Sa sœur porte le même nom à cause, entre autre, de ses cheveux. Il a la particularité, assez ensorcelante, d’être né.
Mais surtout de vivre. Sans trop m’avancer, je pense qu’il mourra un jour. On le remarque assez clairement, même dans le noir, ou dans toute autre ethnie, pour sa capacité fleurie à évoluer dans
l’espace. De son vivant, il est, à la fois, un brillant docteur, et un ingénieur rogue en aliénation.
C’est donc en vertu de ses travaux que je lui décerne, au nom de mon administration, le titre de docteur honoris causa de l’université Préceptuelle Dépravationnaire, dont je suis le très humble directeur. Sa pugnacité et son dévouement dans la destruction efficiente, à la fois, dans le domaine de la mise en scène, du travail harmonique, et de représentation sociétale standardisée qu’il put souligner notamment dans le choix de ses comédiens, péripatétimorphes et homomorphiques, qui se mouvaient massivement et vicieusement dans d’époustouflantes félinades lubriquo-romantiques, fait de son œuvre une remarquable apologie de, ce que nous appelons, (nous autres, l’élite du savoir) l’œuvre d’art mercatique.
Explications (elles sont à l’heure) :
L’œuvre d’art mercatique repose sur un précepte simple : donnons leur ce qu’elles veulent.
Elle est le fruit de la copulation douteuse entre un commercial et une artiste. Quand le capital monte, l’art se soumet. L’artiste se meurt, le banquier jubile. L’argent ne fait pas le bonheur. L’argent est le bonheur.
Prenons un exemple concret. Dans l’ère actuelle, grâce au sex-appeal du pimpant Pattinson, on peut dire que le vampire romantique fascine ! « Quoi de plus naturel donc que de monter Dracula ! » pensa Kamel. J’ai envie de dire, il monte ce qu’il veut. Tant que c’est pas moi. Sauf contre dédommagement.
Fin d’explications.
A l’heure où j’écris cela, je ne sais pas à quoi peut ressembler sa nouvelle comédie musicale : Dracula. Je vais juste extrapoler, en tant que fin observateur, et transposé dans la peau d’un arriviste à qui la perspective d’augmenter le volume de son compte en banque ne fait jamais frémir d’horreur.
D’après moi, Kamel prendra donc de jeunes et jolies jeunes personnes. Excusez la redondance, mais c’est vraiment important. Je ne reviendrais pas sur les critères de sélection. Il faut juste stimuler les glandes.
Visuellement, les décors seront, dirons nous « gothique », enfin ce que la jeunesse se plait à qualifier comme tel, en droite ligne de ce que Dove Attia, le producteur le plus
propre du showbiz’, fit dans « Mozart, l’opéra rock ». Musicalement, j’avoue avoir un doute. Rock ou électro-pop/Lady Gnangnan ? Je me tripote. Etant donné le parallèle évident
avec le « Rock » de Dove, je penche plutôt pour de l’électro-pop/Lady Gnangnan/daube. A plus forte raison que c’est largement plus chorégraphiable :
| Boum | boum | boum | boum | - | doum | boum | boum | boum | boum | - | doum | etc. |
| Droite | gauche | droite | droite | - | saut | gauche | droite | gauche | gauche | - | saut | etc. |
Parlons maintenant du scénario : il nous faut de l’amour. Je ne parle pas de ce sentiment de fascination hypnotique que Stoker réussit à tisser au fil des quelques pages de l’œuvre entre Dracula et Mina Harker, mais d’une simplification déconcertante, à la portée de la boutonneuse de base, et surtout une relation en laquelle elle saura s’identifier, dont voici les principales lignes :
DRACULA, LA COMEDIE MUSICALE
SUR L’IDEE ORIGINALE, SOMPTUEUSE, DETONNANTE, HALLUCINANTE, SUPER INGENIEUSE, LUCRATIVE, FLORISSANTE, ET GLAPISSANTE DE
KAMEL OUALI

© OUALI PRODUCTIONS
SYNOPSIS
Wilhelmina Harker se fait bien chier, dans cette ville pourrie. En plus elle en a trooo marre de ses parents. Mina décide de sortir, contre la volonté de la kommandantur. Elle frétille fiévreusement à la perspective de réimplanter sa structure osseuse entre les murs du « Bar Akon », sa boite préférée. On y passe de la bonne musique linéaire et stupide, et on y trouve que des écervelés en tongs avec des superbes proportions, même dans le bermuda. Après quelques verres dans ce bar à babouins, elle se sent bien seule, car son boyfriend Enzo, maintenant affaibli par le poids des mois qu’ils ont passé ensemble, se révèle bien plus malléable à la perspective d’un pizzicato endiablé avec elle. Mina s’en va donc, accompagnée d’un spécimen humain tout de rose vêtu, errant dans le brouillard touffu et les ruelles vagabondes, où le rat marivaude avec l’égout.
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| Kevin vomit... | Mina s'étiole ! |
« Putain ! Ca pue ! Fais trop chier sa race ! T tro un gro dégeu ! Sa mère ! » Déclare-t-elle devant le constat sans appel qu’elle fit, lorsqu’elle remarqua qu’elle marchait dans le vomi de Kevin, le type hameçonné dans le fameux bar à escort boy (j’ai essayé de trouver un mot vulgaire, mais il n’existe pas), qui, pour se distinguer de ses congénères, s’était brossé les dents avec une brosse à chiotte, et qu’elle désirait soulager charnellement et buccalement, mais pas forcement dans cet ordre. Finalement, tant cette image la rebuta, un peu comme s’il ne s’était pas épilé, elle le lâcha mollement sur la route et s’en alla pour rentrer chez elle, la queue entre les jambes, si j’ose dire.
Alors qu’elle fredonnait la dernière chanson « In » sur le chemin du retour (voire Figure zéro
absolu), son sang se glaça. En effet, il faisait moins dix degrés, et elle ne portait pas de culotte sous sa ceinture de jeans. La perspective d’un rhume de cerveau était maintenant bien
palpable. Au risque de se faire arrêter pour comportement public indécent, elle voulut se réchauffer les glandes en se… Oui, vous voyez comment. C’est alors que dans son dos, arrivant de nulle
part d’autre que des ombres nacrées de la nuit qui tapissaient les murs de ce superbe bar à putes, pointa un fort bel homme, 19 ans pas plus, probablement moniteur d’aquagym, vu son physique
parfait, sa capillarité déconstruite, et son t-shirt qui s’apparente plus à une seconde peau tant il est serré, qui, intrigué par le comportement suspect de la jeune fille, 18 ans pas moins –
sinon ça serait illégal, voyons ! – voulu s’enquérir de son bien-être, et, pourquoi pas, y participer.
« Yo ! Ca va bien, la demoiselle ? » Dit il de sa voix ignominieuse d’ahuri constipé, qui accompagné d’un autre physique, lui vaudrait sans doute un sobriquet représentatif de la cruauté implacable des enfants, tel que « Mange-merde » ou « Christine Lagarde ». La jeune femme, qui avait oublié le but premier de sa petite opération, se retourne alors dans un gémissement à la fois étonné et ardent : « Oh ?! ». Devant l’air gêné de sa découverte vespérale, l’homme gonfla le torse, histoire d’en imposer sa race, qu’il pensait. « Yo ! Tu fous quoi ici ? C’est trop la zermi là ! Viens jte rentre dans mon kasteule (de l’anglais « Castle »), chui l’Comte Culadra ! Mes ramps c’est trop des friqués ces bâtards ! » Lâcha-t-il dans le but à peine dissimuler de faire des arpèges avec Madame.
Le visage de la jeune fille se figea. Elle avait trouvé l’homme parfait : beau, jeune et riche. Il ne restait plus qu’à ouvrir les cuisses. Mais, pas ici. Quand même. Les femmes ont une certaine dignité. Mais, tant la collection de bijoux qu’il allait lui offrir, que nombre d’opérations de chirurgie esthétique qu’elle pourrait exiger, lui faisait perdre tout sens de la mesure, elle se trouvait bien incapable d’articuler quoi que ce soit. C’est finalement un très fripon et non moins vacant d’intérêt « Hi hi hi ! » qui sorti de sa bouche rose fuchsia fluo, laquelle laissait trainer une déliquescente trainée salivaire, qui heureusement, ne se voyait pas la nuit. Sans crier gare, et galbée comme une truite sous vide, une phrase pour le moins grossière jaillit de son antre buccal pour augmenter les probabilités de faire de la walking bass cette nuit : « Je suis vierge ! Mais je ne me laisse pas aborder par des inconnus ! ».
« Oh putain ! T’as tiré le gros lot, mon cochon ! » Pensa le clinquant comte épilé avec une hâte significative de son jeune âge. Dans un claquement de doigts, et en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, il fit accourir sa calèche. Elle accepta étonnamment rapidement d’utiliser son outil de transport, au vue de ce qu’elle déclara précédemment. Dans les virvoltements chaotiques qui suivirent, liés à la qualité déplorable du travail des ingénieurs des ponts et chaussées (déjà à l’époque, il y a donc des constantes dans l’univers), la petite tigresse en fleurs sauvages découvrit l’amplitude colossale de la demeure de son comte adoré. Il l’invita à pénétrer.

« Comment tu trouves ? C’est trop la classe hein ? » Lui demanda-t-il en refreinant difficilement l’outrageux envolumissement péri-abdominal, très décrié socialement, et encore plus à l’époque, qui commençait à le tirailler sous ses velours ténébreux. Elle se contentait de le fixer avec un air dont la naïveté renverrait Candide jouer à la marelle chez le Pape. Quelques instants plus tard, par un jeu de chorégraphies scabreuses, et de succions de substances altérant le comportement, tout deux se dirigèrent langoureusement vers la chambre à coucher, rythmé par le tribal craquement des tambours de la nuit.
Le lendemain matin (13h43), elle ne se sentait plus. Elle avait mal partout. Surtout à l’endroit le plus opposé à la tête. Le comte était parti, et, alors qu’elle songeait à son premier bijou, ses rêveries matérialistes furent interrompues par un homme qu’elle prit pour un majordome. Le préposé s’offusqua :
« Diantre ! Qui êtes vous, séant !
Êtes-vous aliénée mentalement ?
Folâtrer ainsi dévêtue dans la chambre de maman ?! ».
La poésie sonnait différemment.
Le fils malotru appela son chien mordant,
Un mirifique gaillard mirobolant,
Avec qui il se triturait occasionnellement,
Qui jeta l’impotente à la rue mollement.
La vérité explosa à son visage, comme autre chose la nuit qui précédait (le vase dans l’entrée, suite à une maladresse de la petite complètement pétée qui tomba la tête dedans). Elle s’était faite entourlouper par un professeur d’aquagym, qui s’est prit pour un comte, et entra par effraction dans la propriété des Möglebach, pour la faire trépider fiévreusement. Et en plus le salaud l’a mordue. Comment expliquer ce suçon à maman ? Tant d’horribles évènements…
Mais maman savait déjà. Devant l’étonnante précocité de sa fille, qui s’est déjà faite surprendre en compagnie de trois hommes et une chèvre, et déjà mère de 5 enfants, enfin, s’ils n’avaient pas été séchés, fumés et servis à nouvel an comme apéritif. Heureusement, maman veille à ne pas souiller le nom des Harker. Elle épousera son frère Jonathan et c’est tout. Mais le Saint Père glousse. Pas si fort Saint Père ! Maman avait chargé leur docteur, un certain Van Helsing, qui était autrefois dans la police, et professeur de judo (d’où son étrange manie de se pavaner en slip dans la propriété), de surveiller sa gourde d’enfant la nuit précédente. Il se réjouit de savoir qu’il n’y aurait pas d’enfant à pendre dans le fumoir, enfin, pas cette fois-ci. Dans neuf mois peut-être. Enfin, Van Helsing qui avait oublié d’être con, a filé le polisson qui se prit pour le comte Culdra jusqu’au club Med où il officiait, et le fit arrêter pour détournement de mineurs. La petite avait menti. Du haut de ses quatorze ans, elle disait en avoir dix huit, et lui ne demandait qu’à la croire. C’est ce qu’on appelle plus communément dans le domaine médical, un syndrome Lahaye.
Apres avoir subi le courroux de sa génitrice, Mina appris au détour d’une turlute au docteur que le comte, qui s’appelait en fait Aymeric Schiessgeschlecht, en réalité immigré allemand, s’était fait incarcéré à la grande prison du coin. Elle ne se priva pas de lui rendre visite, et de jouir du droit aux visites conjugales. In fine, Mina n’épousera pas son frère, mais bien Aymeric. Son bonheur fut complet lorsqu’elle se rendit compte qu’il brillait au soleil. La morale de cette comédie musicale sera la suivante : l’amour triomphe toujours. Mais aussi que le mensonge, la frivolité outrageuse, et la manipulation sont le terreau fertile où nait l’amour le plus profond. Un message important pour notre jeunesse.
FIN
Le temps dira si j’ai raison. Kamel sait comment prendre son public. Ne l’oublions pas ! Il n’est pas n’importe qui. Comme le dirait Wikipedia, « il a […] acquis une certaine notoriété auprès des adolescents en officiant en tant que professeur de danse à la Star Academy où il participe depuis 2001 ».
Que voulez-vous. Personne n’est parfait. Moi non plus. Enfin surtout pas moi.
Bon…
On va s’arrêter là puisqu’il est grillheure, et même si les toves ne gyrent plus, ou vriblent avec un air slictueux, ce sont les verchons qui bourniflent, et ça, je ne le supporte plus !