Je m’appelle Joshua. J’aime passer le temps qu’il me reste avant d’uriner sous moi à écrire de petites fioritures psycho masturbatoires à l’humour résistible. Tant que je serais sans emploi, je prouverai mon existence en épandant une houle de haine putride. En attendant, détendez vous – si vous exhalez une légère odeur troublante, c’est que vous vous êtes trop détendus – et appréciez, si vous le pouvez, ou haïssez, si vous le voulez. Joshua. Votre ami.
Introduction cognitive à Luke PCB et Théodore Fauntleroy.
Tout d’abord, je vous présente des excuses lourdes. Pas lourdes, dans le sens lourd, mais vraiment dans un sens de conséquence. Je suis saisi d’un état de profond désarmement devant l’insistance récurrente de deux de mes fréquentations, dont je m’impose le frôlement fortuit à l’occasion d’aventures sociales très pimentées, au cours desquelles nous échangeons des points de vue à couteaux tirés sur la place de la virgule, l’emploi du subjonctif, et l’exhibitionnisme, à me meugler leurs, soit disant, idées révolutionnaires qui, je cite, « feraient un bon article sur mon blog » .
Ces deux éléments de population, pourtant tellement éloignés de cette dernière, ces pirates, que dis-je, me harcèlent nuits et nuits pour que je leur accorde un don de célébrité colossal en leur permettant de s’écarter les sphincters et d’expulser, sous formes de traînées spirituelles erratiques, le fruit décrépit de leurs vaticinations mentales hasardeuses et déshonorantes par le biais d’articles sur mon blog. Jusqu’à présent, je mettais un point d’honneur à me tenir à une déconcertante inflexibilité, si forte qu’elle ferait pâlir le moralisme suranné d'un ecclésiaste conservateur, afin de limiter le développement de ces humbles mais dérangeantes contributions au bon sens et à la vérité, que certains, sans doute jaloux d’une fluidité littéraire détonante à la troublante profondeur psychologique démesurée, ont déjà vilipendé en les qualifiant « d’éjaculat élitiste psycho-masturbatoire à tendance post apocalyptique ».
Mais Allah me fait coucou. Coucou Allah ! Ce n’est finalement que lorsque l’un d’eux me menaça de tuer mon chat, la seconde moitié pensante de mon cerveau, qu’il avait kidnappé la veille, que je finis, la mort dans l’âme, par leur accorder cette prérogative. En guise de vengeance sournoise, je me suis réservé le droit de vous les introduire. J’espère leur faire regretter d’avoir voulu se frotter à moi. Ne vous méprenez moi, j’ai une forme d’affection pour cette paire de pirates que je n’ai pas pour la somme finie des hypotrophiés glandulaires que constitue l’élément moyen de ce que les royalistes appellent le peuple. Mais, ils m’ulcèrent.
Sachez d’abord que ni l’un ni l’autre n’a le courage de se présenter sous son véritable nom, refusant ainsi de faire honneur à leurs géniteurs, et d’assumer la pleine portée de leurs idées, contrairement à moi, qui utilise un pseudonyme. Ils cachent donc leurs déficiences caleçonnaires derrières les sobriquets suintant la gonorrhée moisie : Luke et Théodore.
Luke PCB de son faux-nom complet, a le cheveu blond, et l’œil scintillant. Il y a un petit rien chez lui, qui fait que le ciel scintille en badinant autour des oiseaux, et que les arbres s’embrasent pour lui faire honneur. Lorsqu’il marche, le sol s’ameublit, pour rendre son passage dans l’espace courtois et chatoyant. Les chiens frétillent, et les poissons remuent la queue, ou le contraire. L’air se purifie, la montagne chante, les nuages s’étiolent, les femelles suintent et les mâles vacillent. Contrairement à ce que son véritable nom de famille laisse supposer, et dont la lecture exalterait les pulsions ethnocides dans un cliquetis militaire – Mein Führer ! – il s’exprime d’une manière déconcertante, il ne porte pas de casquette, et ne vole pas de voitures. De quoi faire vaciller Nadine Morano, d’une manière bien plus convaincante que Sexion d’Assaut – kaskett a lenverre. Si vous avez compris ce trait d’esprit, c’est qu’il y a un je-ne-sais-quoi de xénophobe en vous, qui fait que les fleurs arrêtent de pousser, et que le niveau de la mer monte.
Théodore Fautleroy, quant à lui, surprend par son impénétrable insignifiance. D’apparence contrite, il est pourtant l’hôte d’un esprit avarié, dont la décomposition le pousse à croire que faire deux sandwichs au Nutella dans deux demie tranches de brioches présente un meilleur intérêt, socio-politiquement parlant, que de faire un seul sandwich dans deux tranches de brioche. Il se galvaude pataudement dans les dimensions désagrégées de ce monde, affichant d’une manière on ne peut plus suspecte, une crispation zygomatique chaotique, dont la contemplation fait même frémir une noix de Saint-Jacques. Il a la chevelure rouillée, et le regard blême. Il ressemble à s’y méprendre à une girafe, tout élégance animale mise à part. Il y a un je-ne-sais-quoi chez les animaux qui fait que le volume corporel augmente. Théodore, est quelque part un homme parfait – ! – il ne boit pas, il ne fume pas, il se lave fréquemment, et nettoie même par terre. Pourtant la femelle moyenne, préfère ne pas le fréquenter. Principalement pour de basses raisons hormonales, auxquelles elle prétend ne jamais se soumettre, à l’inverse de ce agrégat fétide de distributeur à semence qu’à ses yeux nous semblons être, et dont elle déplore quotidiennement le manque de romantisme, et de profondeur psychologique. Mais, Moi nous regarde, ce n’est pas notre problème.
Luke est un enfant des étoiles. Il reluit, sans l’aide d’aucune brosse. Il chante sans même essayer. Tout en lui flamboie, et vous surprend au détour d’une phrase inopinée. Il peut même vous stimuler charnellement en parlant de « relance économique ». J’en ai encore la chaire de poule, vous dis-je. Quand je le côtoie, je fermis comme une dinde, il m’arrache à ma condition d’enfoiré sociétal aigri, pour me transposer dans la peau de la collégienne fiévreuse qui vient de découvrir que ça fait tout brûlant en bas de regarder un éphèbe tout en muscles, mais sans poils, puisque on économise de l’encre noire en imprimant les posters. Il me plaît à réchauffer les cristaux de haine qui jalonnent mon cœur noir de misanthropie auprès de son insoupçonnable générosité, et de sa vigoureuse simplicité, qu’une bande de mous du crâne, qui ne rechigne jamais à juger une personne à son unique apparence, confond, avec un conformisme aussi puissant que le vide qui règne entre leurs deux oreilles, avec de la niaiserie, et un filon de confort social qu’ont peut allégrement piller. Mais je vous pose la question, à vous qui vous êtes sans doute déjà abaissé à cette pratique : est il plus niais de juger un homme à son apparence, ou de se contraindre à afficher les traits d’une personne qu’on ne peut pas être, juste pour être mieux vu d’une personne qu’on appréciera peut être pas, mais dont le respect nous fait dire « P’tin, chui troooo un mec sociable, quoi ! » ? Personnellement, j’ai toujours connu la réponse à cette question. D’autres ne se la posent jamais. Je me permets de citer Théodore : « Moi, je sais. »
En parlant du loup, sachez qu’il n’aime personne. A part lui-même. En fait, on ne sait pas si c’est tant l’insignifiance de sa compassion pour les autres devant son extraordinaire admiration pour lui-même, que sa réelle inexistence qu’on remarque. Il s’aime, on le palpe bien. La notion, pas Théodore. Enfin, ce détail reste à votre convenance. « Je m’aime, donc je suis. » me confiait il un jour. J’en ai encore la chaire de poule, vous dis-je. Quand je le côtoie, je me taris. Les choses apparaissent sous un jour déplorable. Un peu comme Vincent Delerm peut vous faire regretter l’invention du piano, voire de la musique, quand on pense en plus à la possibilité d’un duo avec Christophe Maé. Théodore me consterne, et quoi que je fasse, toute action parait tellement inutile. Un peu comme un octogénaire peut s’étonner de voir son cholestérol augmenter alors qu’il a quand même mangé une tomate avec ses quatre tranches de saucisson pur porc. Ah ! Qui disait que la naïveté est un trait d’esprit que partagent les petits et les très grands enfants !
Je m’empourpre, oui, mais notez bien qu’en dépit de ces qualités plus ou moins sociabilisantes, ces deux petits névropathes me remplissent d’une joie feutrée, dont l’intensité, inversement proportionnelle à son étalage, dépasse largement cet état que le djeun’s de base qualifie d’ « amitié ». La vie apparaît moins vaine, et plus pimpante. Quand je les retrouve, l’un, l’autre, ou les deux, je ne suis plus obsédé par le bruissement incessant de l’horloge, qui à chaque seconde enfonce un peu plus de sa rage dévastatrice le clou de mon inutilité sociale, voire philosophique à l’intérieur de mon esprit déjà vaincu. Ah ! Je vous le confie, avec un trémolo dans l’écriture que vous ne pouvez pas percevoir, j’espère pouvoir m’éteindre à leurs cotés. Pas dans le même lit, bande d’obsédés mal avisés. Mais déjà dans la même chambre. Où nous pourrons discuter de tout. De ce que nous fûmes, de ce qu’il reste de nous, des grandes thèses sur l’évolution linguistique entre 2000 et 2030, de la véritable portée de la vie, et de son profond lien avec la mort, de la proportion affolante des roberts de Cindy l’infirmière, et des demis-seizième d’érection qu’elle nous inspire – la proportion, pas Cindy – ou encore de l’indigence artistique générale, depuis que le mémorial Lady Gaga fut crée en l’honneur de, je cite le journaliste, « cette grande artiste disparue, que nous regretterons à jamais ». Peut être chanterons nous « Bad Romance » en souvenir de notre folle époque, avant de nous éteindre, dans un soupir serein, qui s’efface lentement dans les savoureuses dolines du silence, aspirant enfin à la quiétude dont nous nous languissions naguère, et que le courage de nos familles respectives soit récompensé par le pillage allègre de tous nos biens, suite à la fortune colossale que nous accumulâmes en formant ce qu’un journaliste élitiste à la solde d’un magazine qui rime avec « lambada » ont qualifié « du plus grand ramassis d’impotents sociaux qui soignent leurs névroses entre deux lignes à l’indigence démesurée ».
Luke, Théodore. Je vous souhaite chaleureusement la bienvenue sur ce blog !